04.08.2007

Des cris dans la nuit

Quand on a vécu longtemps comme moi au rez-de-chaussée d’un appartement, pouvoir dormir avec les fenêtres grandes ouvertes les nuits d’été est un pur bonheur. Qu’importe le bruit des voitures et le brouhaha nocturne d’une agglomération comme Lille. Cela ne me gêne pas. Cela me berce. C’est un bruit de fond réconfortant qui m’aide à trouver le sommeil.

 

Il y a quelques nuits, des cris venant de la rue me réveillent. Doucement, je sors de ma torpeur. Je ne ronchonne pas avant de me fourrer sous la couette pour me rendormir. Non, comme à chaque fois, quelque soit le degré de fatigue, je tends l’oreille afin de savoir ce qu’il se passe dehors. Des cris à nouveaux. Des voix graves. Certainement des mecs un peu trop bourrés qui sortent de boîte ou d’un bar qui pullulent dans le quartier. Pour vérifier ma théorie, je donne un coup d’œil à mon réveil (mais aussi parce que dans les films, les policiers demandent toujours vers quelle heure on a entendu les cris ou les bruits suspects et que je m’amuse à vérifier l’heure en pensant à mon futur interrogatoire depuis que je suis ado).

 

 Il est 6h00… D’habitude les cris de beuveries ne dépassent pas les 3h00 du matin. Les cris se réitèrent et j’ai l’impression d’entendre distinctement le mot « Marseillais ». Des Marseillais éméchés beuglant dans les rues lilloises à six heures du matin ça s’est certainement déjà vu mais je n’ai pas souvenance qu’il y ait un match annoncé aujourd’hui. Ma curiosité titillée, je sais que je n’arriverai pas me rendormir, surtout à cette heure. Les voix, graves retentissent à nouveau, comme un slogan. Un slogan de manif’. Une manif’ à six heures ? Faut être dingue ou désespéré. Ou être très malin sachant qu’on va faire chier son monde à encombrer non seulement un des grands boulevards de la ville à l’heure où les premiers départs de travailleurs débutent mais en plus, empêcher de dormir les braves personnes ayant ouvert leurs fenêtres pour profiter de la fraîcheur d’une nuit d’été.

 

Je me redresse dans le lit, mon homme dormant de son sommeil de plomb habituel. Les voix se font tout de suite plus distinctes et j’entends distinctement le mot « sans-papiers ». Je suis plus habitué à voir ce genre de manifestation le mercredi en plein après-midi, rue de Béthune. Mais nous sommes bien mercredi, il est juste six heures et nous sommes sur un grand axe de la ville. Les slogans sont scandés d’une seule voix puissante. Mais combien ils sont là dehors ? Mes fenêtres donnant sur une cours intérieure et non pas sur le boulevard directement, impossible pour moi de le savoir à moins de sortir.

 

 Je me vois dévaler les marches de l’escalier, simplement vêtu de mon boxer ultra sexy. Dehors, les rayons de l’aube naissante réchauffent mon corps dénudé, j’aperçois les manifestants qui m’acclament et je cours les rejoindre. Les applaudissements fusent et la Révolution est en marche !

Seulement je n’ai pas de boxer sexy, je suis cul nu avec un tee-shirt trop grand délavé et tâché de confiture de figues du précédent petit déjeuner. Sans compter que je me serais casser la gueule dans les escaliers à cause de mes pantoufles trop grandes.

Je me contenterais de les imaginer assis en plein carrefour, attendant les CRS.

 

Mais les cris redoublent d’intensité, ils vont finir par réveiller mon homme. Les fous ! Je décide de fermer les fenêtres, la chaleur plutôt que de subir le courroux engendré par un réveil trop brutal. Le bruit filtre tout de même et il est déjà 7h00.

 

Je retourne au lit dans le fol espoir de me rendormir un moment. Les voix étouffées sont alors rythmées par des coups de sifflets. Là, c’est plus mes copains.

Ils veulent des papiers ? Ils vont en avoir ! De ma fenêtre je leur balancerais bien quelques rouleaux de PQ. Je me souviens alors qu’il ne reste que la moitié d’un rouleau.

 

Rageur, je coince ma tête entre deux oreillers en attendant le sommeil poindre le bout de son nez.

 

03.08.2007

Retour à la case départ...

Après avoir quitté U-blog pour 20six, je quitte 20six pour HautetFort. Je finirais bien par écouter la sagesse de mon homme et utiliser une page perso free un jour.

Mais comme je veux juste écrire et balancer ça sur le net sans devoir faire toute sorte de manip’ pour que mon blog soit beau comme un camion, je préfère user d’un hébergeur gratuit avec un modèle standard.

Si l’apparence compte, c’est le contenu qui prévaut. Cette mentalité n’est à appliquer pour les recherches amoureuses qu’en cas de désespoir intense ou une fois la quarantaine passée (ce qui revient au même).

J’ai essayé de choisir les couleurs les moins criardes mais il semblerait que HautetFort ne sois guère ami avec le style simple et épuré.

Oui, aujourd’hui, je suis en mode langue de pute.

Et encore, vous ne m’avez jamais entendu critiqué un porno.