02.10.2007

Tu veux un bout de mon coeur ? C'est de la guimauve.

Un mois déjà que je travaille dans une école maternelle. Loin d’être une vocation, c’est juste le bon plan qui permet de gagner un peu, tout en étant bien au chaud, sans le moindre client con, et pour couronner le tout : un repas équilibré. Il m’aura suffit d’avoir le cul bordé de nouilles et de rencontrer la bonne personne au bon moment pour me retrouver entre le dortoir et la cantine.

Seulement voilà, moi les enfants, j’aime pas. Bruyant, puant, remuant, un gosse c’est comme un mec. Sauf qu’un mec comprend, généralement, quand on lui dit de se la fermer et qu’il est muni d’attributs valant la peine qu’on lui porte une légère attention. A noter, que fidèle à moi-même, je me lasse de tout très vite et que ma patience est aussi grande que Sarkozy (toute petite).

Autant dire que si je partais gagnant, parce que je pars toujours ainsi, je savais que cela serait un défi pour moi, au pire un supplice, de garder ce job toute une année.

 

 

La première semaine, j’ai fait pleuré une table de six enfants.

Moi : C’est du poisson, tu en veux ? 

Eux :  Du poisson ? Comme Némo ? 

Moi : Oui.

Eux : On mange Némo…

La rumeur se répand rapidement : Némo est dans leur assiette. Ils se mettent tous à pleurer les uns répondant aux autres. Je devrais leur prouver que ce n’est pas Némo puisque le poisson dans leurs assiettes est blanc et non pas orange et bleu. Ouf !

La deuxième semaine, j’ai failli circoncire pour la deuxième fois le petit Mohammed. Le petit Momo aurait porté ce surnom à vie s’il n’avait pas crié. Quelle idée de me mettre une arme de catégorie six entre les mains : la braguette.

Depuis, j’en ai presque assommé un à l’aide d’un ballon et Hadrien est tombé dans la cuvette par ma faute.

 

 

A chaque fois que je sors de cette école je suis crevé mais armé d'un grand sourire.

Je m’y suis attaché à ces petites choses. Alors que je les trouvais collant au début, je m’inquiète à présent de ne pas les voir se cramponner à mes jambes.

 

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que j’aime les enfants. Disons que j’apprécie ceux âgés de deux à cinq ans à partir du moment où leur présence m’est obligatoire.

L’innocence, la candeur, les sourires, les rires, les petites mains toutes collantes, la joie de vivre… Tout ça me touche et bien plus encore. Qui l’eût cru ? Quand je pense qu’ils seront certainement des adultes que je détesterai un jour alors que ce midi je riais avec eux quand bien même j’avais un slip Spiderman plein de merde dans la main droite.

 

 

Les enfants, c’est bien parce que c’est pas encore assez humain. Du moins, jusqu’à ce que leurs parents arrivent…

Commentaires

Mon cauchemar incarné...!
Je te jure que je t'admire!

Ecrit par : T. | 02.10.2007

ptdr!

Es-tu sûr de les apprécier uniquement quand leur présence t'es obligatoire? Le gamins sont visiblement supportables uniquement quand on est là pour s'occuper exclusivement d'eux. Ils demandent une attention de tous les instants qui est incompatible avec toute autre activité. Ils sont aussi bien plus gérables dans des espaces créés et organisés pour eux. Ce sont peut-être les raisons qui poussent les adultes (parents) à s'en débarrasser le plus souvent possible en prétextant le manque temps.

Mais si c'est la majorité, il ne faut pas généraliser pour autant. Nombre de parents semblent pouvoir vivre leur vie avec les mômes dans les pattes à longueur de temps.

Je pense en fait que c'est un choix réel, celui de la place que l'on veut donner à l'enfant au sein de la famille. Un de ces choix qui devraient être des évidences.

Ecrit par : Didier | 03.10.2007

T >>> Et tout ça, bien sûr, en étant classe :D
Didier >>> Certains parents ont choisi de mettre leurs enfants au centre de tout, ils en font des enfants rois. On les repère très facilement, ils ont un mal fou à s'intégrer.

Ecrit par : Matt | 04.10.2007

Pareil que T. je t'admire, ceci est incompréhensible et impossible pour moi . M'enfin, c'est mimi tout plein

Ecrit par : AdaM | 04.10.2007

On a chacun nos impossibles. Je serais incapable de faire une fac de philo par exemple :)

Ecrit par : Matt | 04.10.2007

Je suis pété de rire :-D

Ecrit par : Folken | 06.10.2007

j'adore les slips spiderman... propres!

Ecrit par : Olivier | 06.10.2007

Folken >>> Oué ben si tu fais dans ton froc, t'iras au dortoir !
Olivier >>> Prouve-le ! Une photo !

Ecrit par : Matt | 07.10.2007

Bigre ! Pourvu que la nourrice de mon fils n'en ait pas fait un enfant-roi (mais bien sûr que oui, c'te salop'rie !). En tout cas on l'élève comme on peut, c'est ça qu'il faut savoir, surtout. Plus jeune j'ai bossé 1 an en école maternelle aussi, comme emploi-jeune, j'avais très souvent mal à la tête mais leurs mimiques, leurs sourires et leurs hurlements de caca-boudins, c'était marrant, quand même....
En tout cas respect pour ton choix de taf, mon gamin, c'est le mien, je le garde, faut bien (et puis on lui a appris des insultes déconcertantes qu'il gueule à tout va dans le métro : "bachibouzouuuuuk ! moulàgoffre ! sacrebleu !"), mais je ne pourrais plus bosser avec des petits toute la journée !

Mais quand même, Nemo....... ça me fait penser que quand je lui proposerais des gâteaux en forme de, surtout ne pas lui dire que c'est comme Petit Ours Brun ou Tchoupi !

Ecrit par : | 09.10.2007

Mû >>> Lorsque je quitte l'école, il est vrai que c'est souvent avec un mal de crâne. Si j'aime bien ce boulot, cela ne reste qu'un boulot alimentaire et je ne me vois pas travailler à plein temps entouré d'enfants aussi mignons et craquants soient-ils.
J'ai encore jamais eu affaire un ourson comestible ! Ouf ! :)

Ecrit par : Matt | 10.10.2007

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