29.09.2007

Keep smiling !

Rentrée universitaire effectuée. Je pense qu’il n’y a qu’à Lille 3 qu’ont peut trouver la moitié des profs de son cursus absents pour la rentrée. Les absences étant bien évidemment annoncées quelques minutes avant le début du cours. Vous êtes trempé, enrhumé, débordé, et vous vous êtes déplacé pour rien mais pourtant vous continuez de sourire. Car vous, vous ne vous êtes pas levé à cinq heures du matin pour prendre votre train parce que vous habitez dans un autre département.

 

Vous souriez moins quand vous vous faites passer un savon par votre prof de littérature parce que vous n’avez pas acheté un livre de poche de quatre vingt pages coûtant 8,50 euros. Vous retrouvez le sourire en vous disant que le prof est vraiment un gros con quand il part faire des photocopies du dit bouquin pour qu’on puisse suivre son cours. Douze photocopies exactement. Pour une cinquantaine d’étudiants n’ayant pas acheté le livre. Vous finissez tout de même par commander le livre (en faisant la gueule) uniquement disponible sur le net et vous êtes déconfit lorsqu’un mail bien poli vous annonce que le livre est en rupture de stock et qu’il faudra attendre quinze jours avant de le recevoir.

 

Vous retrouvez immédiatement le sourire lorsque vous allez bosser et que vous vous retrouvez entourés d’enfants âgés de trois à cinq ans qui vous bombardent de leurs sourires. Le vôtre s’efface légèrement quand vous vous dites que vous êtes trop attachés à eux. Comment peut-on s’attacher à une cinquantaine d’enfants en moins d’un mois. Jamais j’aurais cru ça possible. Et pourtant. Je connais leurs noms, leurs surnoms, comment les convaincre de manger, d’être calme, les rassurer… J’ai ma petite méthode pour chacun d’entre eux. J’ai le droit à cinquante bisous tous les midis et presque autant de câlins avant de retourner en cours. Mais j’ai la mine sombre lorsque j’entends que c’est difficile pour un homosexuel de s’occuper d’enfants. Parce qu’homosexualité rime avec pédophilie dans de trop nombreuses têtes. Si ces têtes savaient seulement que la moitié des encadrants, y compris les professeurs, sont gays ou lesbiennes et que leurs enfants sont parfaitement heureux dans leur école. Les enfants ont du mal à savoir s’il l’une des lesbiennes est un homme ou une femme, certes. Mais ce ne sera assurément pas la dernière fois de leur vie qu’ils se poseront cette question.

 

J’ai la banane quand je croise mon chéri dans les couloirs de la fac, étudiant modèle avec son petit cartable et entouré de sa petite cour de femmes. Et on repart dans notre chez nous, ensemble, en voiture, en se racontant nos cours. A la maison, je regarde alors la pile de factures et je hausse les épaules.

 

Et si, pour une fois, je ne retenais que le meilleur pour oublier le reste ? Ne serait-ce qu’un temps ? Comment ça c’est vivre dans le déni ?

C’est prendre la vie du bon côté.

Et ça fait du bien des fois.

20.09.2007

Thérapie

Je devrais éteindre définitivement cette télé. Entendu sur NRJ12 :

"J’essaye de cacher mes sentiments comme un volcan"

J'aurais aimé traversé l'écran pour lui dire d'essayer de se cacher dans un volcan. Bien sûr, si un tel tour de magie était possible, je passerais mon temps à faire la justice au sein de la petite boîte. Mais sans collants, hein.

Parfois, je suis tellement heureux d’être moi. Je vais la laisser allumer en fin de compte.

Aaahhh la télé et ses bienfaits, on en viendrait presque à aimer TF1.

18.09.2007

Qui a pris mon humanité ?

La Braderie est déjà loin, et si on peut y faire de mauvaises rencontres comme des moules tellement peu fraîches qu’elles tentent de vous convaincre de ne pas les manger ou bien des patrons de restaurants (notez que c’est généralement chez eux qu’on retrouve les moules parlantes) qui vous annoncent à la dernière minute qu’ils ne vous payeront que six euros de l’heure, on peut aussi faire connaissance avec des gérants de restaurants tout à fait sympathiques et appréciant votre travail. Aussi après avoir travaillé pendant toute la Braderie, m’appelle-t-on certains soirs de la semaine pour jouir de mes services de serveur.

 

Hier fut un de ces soirs. Bien content de finir à 23h et en plus d’être gentiment raccompagné chez moi, je me dirige vers ma porte d’entrée. Je suis tout content de finir tôt, de retrouver mon chéri et je pense à la bonne part de tarte aux pommes et à la cannelle de jolie-maman qui m’attends dans le frigo.  Bien sûr tout était trop beau, il fallait obligatoirement quelque chose pour venir ternir mon petit moment de bonheur : les poubelles éventrées et leur contenu répandu sur le trottoir. Non seulement ce n’est ni hygiénique ni esthétique mais en plus, je n’ai pas envie que ce que je jette soit étalé ainsi à la vue de tous. Mais là ce ne sont pas les poubelles que j’ai descendues en partant bosser. Non, je n’ai rien jeté qui ressemble à un ballon recouvert de poils. Les gens peuvent avoir de ces trucs bizarres chez eux. Quelques pas supplémentaires et je me rends compte que cela sent le vin bon marché. Je me dis donc automatiquement que ce sont les poubelles de mon voisin de palier. Deux pas de plus et j’aperçois un pantalon clair étendu par terre. Il prolonge bizarrement le ballon recouvert de poils. Je plisse les yeux pour tenter de percer la pénombre. Mon rythme cardiaque s’emballe tandis que mes jambes accélèrent vers la porte de l’immeuble.

 

Alors que je peine à faire pénétrer la clef dans la serrure, je réalise qu’il y a quelqu’un qui dort sur le trottoir devant chez moi. Je referme la porte derrière moi, choqué. Un sentiment de culpabilité m’assaille immédiatement. Il y a quelqu’un dehors, allongé sur le sol et tout ce que je trouve à faire c’est me réfugier chez moi ? J’aurais dû lui demander si ça allait. Mais il empestait l’alcool, s’il avait eu une mauvaise réaction ? Je pense qu’il ou elle est simplement assoupi(e), vu la position de son corps cela ne peut pas être un malaise. Enfin, suppose… Appeler la police municipale ? Pour qu’il le passe à tabac s’il réagit mal ? Après tout, il ne fait rien de mal, il n’embête personne, il dort juste. Comment puis-je me dire que c’est mieux pour cette personne de dormir dehors ? Je n’ai même pas une couverture à lui porter. Et si j’en avais eu une l’aurais-je seulement fait ? J’ai oublié mon morceau de tarte pour me coucher directement en pensant qu’il y avait quelqu’un dans la même position que moi dehors, sur le sol, collé au mur pour se protéger du vent.

 

Quand je sortirai le lendemain matin pour aller travailler, il sera toujours là, la tête dans un sachet pour se protéger de la pluie et recouvert de cartons. Seul fait rassurant, il aura changé de position dans la nuit. A mon retour, il ne sera plus là. Seules traces de son passage, les sacs poubelles éventrés. Mes poubelles à moi. Maintenant quand je jette quelque chose, je ne peux pas m’empêcher de penser que cela servira peut-être à quelqu’un, que ce soit un morceau de tarte à moitié entamé ou une couverture miteuse.

 

 

Quand je me suis installé sur Lille, j’ai reçu tout un tas de guide de la part de la mairie afin de me permettre de profiter au mieux de cette magnifique ville si heureuse de m’accueillir.

Aucun n’indiquait comment réagir à cette situation.

13.09.2007

Reuh !

Non, je ne suis pas mort noyé. Et non, Josh Hartnett ne m’a pas kidnappé sur une moto pour aller vivre avec les moutons dans le Montana.

J’étais juste trop préoccupé pour écrire. Je le suis encore mais l’envie de faire vivre à nouveau ce blog s’est fait ressentir. Il m’aura fallu du temps, certes, mais je crois que c’est reparti. Cela va redevenir une habitude, à la fois bonne et mauvaise. Bonne car synonyme de plaisir et mauvaise car pendant les cours barbants, et dieu sait qu’il va y en avoir comme je redouble, le stylo va me démanger et la prise de note va se muer en un flot de mots relatant ma vie rébarbative qui vous intéresse un minimum je ne sais pourquoi.

Cette nouvelle année universitaire ne sera pas simple. Les cours, les job, les préparations de concours, la vie de couple et de famille, les amis… J’ai la vie de tout le monde, en fait. Bon, j’ai une bite et j’aime la bite ce qui me rend un peu plus différent que tout ce monde mais la plupart de mes lecteurs sont dans le même cas. Je pense qu’au file des mots, je viens de me rendre compte, là, à l’instant même, que ma vie est si banale que je ne comprends pas comment elle pourrait vous intéresser.

J’ai moins envie d’écrire.

Je ne comprends pas mais je sais qu’écrire me fait plaisir. Alors je vais continuer mon autosatisfaction et si vous y trouvez votre compte, tant mieux.

Au plaisir.

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